Alice : « Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre ? »
Le Chat : « Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre. »
Lewis Carrol, « Alice au Pays des Merveilles »

L’école

L’ECOLE, UN LIEU DE SAVOIR ET D’HERITAGE
L’école constitue un lieu de vie et d’épanouissement pour le jeune, et plus particulièrement un lieu où il peut apprendre et avoir accès au savoir. Si l’école a pour devoir de proposer des connaissances, d’aider à maîtriser des habiletés intellectuelles et manuelles, il importe aussi d’inculquer une manière d’être qui contribuera à insérer le jeune dans la société. L’adolescence constitue un tournant dans l’apprentissage de la socialisation ! En ce sens, l’école doit jouer un rôle de sécurisation, représenter un lieu où le jeune se sent accueilli, accepté, écouté et respecté. Au-delà, l’école sera également une institution responsabilisante. Au travers de son organisation quotidienne, elle éduquera concrètement le jeune à des attitudes démocratiques, civiques, soucieuses du bien commun. Ceci implique, dans l’enseignement catholique, la transmission de l’héritage culturel chrétien et la proposition de l’Evangile comme ferment de liberté et sens possible de la vie de l’homme.
Par la transmission de ces valeurs, l’école collaborera, chaque fois que c’est possible, avec les familles, premier lieu où se transmet une culture et où s’apprend le lien social.
Ainsi, l’école sera une institution qui prépare à la vie, et pas seulement à la vie professionnelle.

L’ECOLE, LIEU DE SENS
Ces connaissances, ces pratiques seront acquises plus solidement si l’élève en saisit la signification et la nécessité. Lorsque nous disons que l’école doit aider les jeunes à donner du sens à leur vie, nous voulons leur apprendre à se mettre en route, leur donner des repères qui balisent un chemin qui passe par la solidarité, la profondeur et l’émerveillement.
Le petit de l’homme et de la femme est, pour ainsi dire, biologiquement construit pour apprendre … à condition toutefois qu’il soit mis en contact avec le monde et qu’il puisse, par le moyen de l’expérimentation, d’essais, de réussites ou d’erreurs, l’ « assimiler », le faire sien. Nous pensons donc qu’un environnement plus stimulant aidera les élèves à donner du sens aux activités proposées en classe. Cet environnement stimulant se caractérise par une ouverture sur l’extérieur de la classe et de l’école, afin de donner aux élèves l’accès à des ressources variées, de même que la possibilité d’interagir avec d’autres personnes. Ainsi pensons-nous articuler les connaissances, attitudes et pratiques sur des connaissances déjà installées en les situant dans leur contexte ou le système dont elles font partie.

L’ECOLE, INSTRUMENT D’INSERTION
Les savoirs et techniques transmis par l’école doivent être régulièrement actualisés. En nous ouvrant, comme expliqué précédemment, aux réalités socio-économiques et culturelles de notre époque, nous rencontrerons le désir d’insertion des jeunes dans la vie relationnelle, citoyenne et professionnelle. En ce sens, une pratique adéquate du stage et une attention particulière aux nouvelles technologies – notamment de communication – constitueront des fers de lance.

Les enseignants

Dans l’enseignement et l’apprentissage, il y a d’abord la rencontre de deux personnes et la qualité de cette relation est déterminante. Bien sûr, le premier facteur d’influence sur l’apprentissage est la personne même de l’enseignant. C’est bien par lui que les grands objectifs de l’enseignement se trouvent concrètement poursuivis.
Enseignants, éducateurs et directions sont au sein de l’école de réels acteurs politiques de la société.
Le monde change … L’enseignement se trouve projeté dans une société marchande qui le déstabilise. Des réponses sûres, que l’on trouvait dans l’enseignement traditionnel, ne peuvent plus être données. Un autre champ de l’éducation s’est ainsi ouvert. : comment apprendre dans un monde où tout n’est pas noir ou blanc ? Sans doute en apprenant à devenir autonome, en aiguisant sa curiosité, en développant son désir d’apprendre par soi-même.
Le métier change … Chaque enseignant doit analyser ces changements dans sa fonction et les démarches d’apprentissage qu’il met en œuvre.
L’école de demain impliquera sans doute un travail plus collectif et demandera à chaque enseignant un engagement personnel sur ses valeurs.
L’école ne remplira sa mission qu’avec des hommes et des femmes fiers de leur métier et reconnus par la société entière, qui doit leur faire confiance.

L’élève

S’il est une vérité qu’un enseignant ne doit pas oublier, c’est que malgré tous ses efforts, il ne peut apprendre à la place d’un élève. Il convient donc de responsabiliser ce dernier et de lui faire prendre conscience qu’il est l’acteur principal de son apprentissage et, au-delà, de son avenir.
Par l’apprentissage de l’autonomie de l’élève et le développement de sa curiosité, on visera la construction d’un jugement personnel. Une place centrale sera faite au questionnement, à la confrontation des points de vue, au dialogue. Nous voudrions que la classe devienne un milieu dynamique, où chaque personne est à la fois une ressource pour les autres et un être en apprentissage avec les autres. L’école catholique doit être une école qui développe le rapport au savoir sous l’angle du partage, et non pas sous l’angle de l’accumulation personnelle pour la réussite dans une compétition ultime.
Dans ce cadre de dialogue et de partage, on perçoit l’importance que revêt la langue d’enseignement orale et écrite, comme instrument de découverte de soi, des autres et du monde.
Nous veillerons également à ne pas négliger la dimension affective et émotionnelle, en ouvrant largement à la dimension du bien et du beau, notamment à travers l’expression artistique.
Cette approche de l’apprentissage engage à prendre en considération la différence des acquis, des rythmes, des milieux socio-culturels. Une fois que les élèves sont convaincus du plaisir d’apprendre, on optera pour des moyens qui font progresser et réussir, qui respectent la personnalité de l’élève et du maître et répondent à l’effort de standardisation des objectifs et des compétences évaluables au terme du degré ou des études secondaires.